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Lune Noire, image du film L'ENFANT MIROIR (L'enfant Cauchemar / The Reflecting Skin) de Philip Ridley
DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2016 — 20H45 — CINÉMA UTOPIA

5 Place Camille Jullian, Bordeaux
Tarif : 6,50 euros ou ticket d’abonnement Utopia

L’ENFANT MIROIR

L’enfant Cauchemar / The Reflecting Skin
Philip Ridley
GB – Canada / 1990 / couleur / 1h36 / VOSTF

Avec Viggo Mortensen, Lindsay Duncan, Jeremy Cooper, Sheila Moore, Duncan Fraser, Robert Koons…

Sélectionné à la Semaine de la critique, Cannes
Léopard d’Argent, Locarno

Idaho, début des années 50. Sous un ciel immense, des champs à perte de vue, quadrillés de routes le plus souvent désertes, au bord desquelles se dressent quelques rares bâtisses.
Il y a là une station service délabrée où vivent le jeune Seth Dove et ses parents – une mère acariâtre et abusive, obsédée par l’odeur entêtante d’essence qui semble tout imprégner, un père mutique au passé trouble, se réfugiant dans la lecture de romans d’épouvante bon marché dont il marmonne des bribes à son fils. Dans cet environnement isolé, écrasé par le poids des névroses et de l’ennui puritain, de tels récits sont propices à nourrir une fantasmagorie cauchemardesque dans l’imagination fertile d’un garçon de 7 ans, observateur à la fois naïf et avide pour qui tout est signifiant.
Ainsi à ses yeux, Dolphin Blue (interprétée par la diaphane Lindsay Duncan), la femme solitaire vêtue de noir qui habite à quelques arpents, veuve vivant dans le souvenir de son époux suicidé dont elle conserve des fragments dans une boite, incarne t-elle sans conteste un vampire.
Quand Cameron, le grand frère adulé (campé par un tout jeune Viggo Mortensen), vétéran de  la guerre du Pacifique où il a assisté au cataclysme d’Hiroshima, rentre auprès des siens, la relation qu’il noue avec Dolphin va cristalliser les peurs et la jalousie de l’enfant. Alors que la santé de Cameron semble mystérieusement décliner et que ses camarades de jeu sont retrouvés assassinés les uns après les autres, Seth est déterminé à précipiter la fin de celle qu’il pense être une créature maléfique, responsable du fléau qui s’abat sur la petite communauté rurale.

Le premier film du britannique Philip Ridley, écrivain et peintre de formation, évoque d’emblée dans la composition de ses plans certaines toiles d’Edward Hopper et surtout d’Andrew Wyeth, insufflant un climat étrange, étouffant, totalement imprégné de l’imaginaire gothique américain. Dans ce monde peuplé des superstitions et des angoisses de l’Amérique profonde, toute rationalité s’effondre pour laisser place à l’affrontement symbolique du Bien et du Mal et justifier des éruptions de violence aux conséquences tragiques.
Œuvre inclassable à la lisière du fantastique, L’enfant Miroir est un cauchemar en pleine lumière à l’étonnante beauté où se profile par instant l’ombre de La Nuit du Chasseur, un conte macabre et pervers vécu au travers des yeux d’un enfant qui, à trop croire de vaines apparences et à taire l’évidence, y perdra douloureusement son innocence.

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