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Mardi 29 Novembre à 20h45


Cinéma Utopia
5 Place Camille Jullian, Bordeaux
Tarif : 6,50 euros ou ticket d'abonnement Utopia

REQUIEM POUR UN MASSACRE


(IDI I SMOTRI)
Un film d'Elem Klimov
Russie, 1985, couleur, 2h17, VOSTF
Projection en 35mm - Copie issue des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Avec Alexeï Kravtchenko, Olga Mironova, Liubomiras Laucevicius, Vladas Bagdonas, Victor Lorenz...

Biélorussie, seconde guerre mondiale. Après avoir trouvé un vieux fusil, Florya, un jeune garçon, décide de s’engager aux côtés des partisans pour combattre l’oppresseur nazi. Il ne se doute pas que le chemin qu’il emprunte le fera passer, de plus en plus brutalement, de la félicité de l’enfance à l’horreur du monde adulte.

REQUIEM POUR UN MASSACRE fait partie de ces quelques rares œuvres dont on se demande encore, abasourdis, comment elles ont pu passer sous les radars de la reconnaissance cinématographique. Comble de l’ironie : au lieu d’être loué à sa juste valeur, ce film hors-norme agonisa plutôt sous l’infamante étiquette de « Nazisploitation » accolée par quelques éditeurs vidéo peu regardants. Chef-d’œuvre instantané, éblouissant de maîtrise narrative et technique, on le nommerait pourtant, en accord avec J.G. Ballard, comme le « plus grand film de guerre » jamais réalisé que ça ne nous choquerait pas. Présenté à Cannes l’année de sa sortie, la critique goûta peu sa brutalité sans fard, son traitement épique voire élégiaque des horreurs infinies du second conflit mondial. C’est qu’il est malaisé d’être pris à témoin de ce dont l’homme, dans des circonstances historiques précises, est capable de faire ou d’endurer. C’est pourtant dans son titre original, VIENS ET VOIS, tiré du Livre de l’Apocalypse que réside la clé de ce véritable « voyage au bout de l’enfer », où protagoniste et spectateur fusionnent pour une plongée viscérale et mentale de plus en plus hallucinatoire, dans une odyssée de boue et de sang, où tirs d’obus et massacres collectifs tracent les étapes constitutives d’un récit d’initiation implacablement soumis au pire.
Elem Klimov, son auteur qui travailla près d’une décennie dessus et qui ne tournera plus rien après, dirigea son jeune acteur (devenu depuis une des stars du cinéma d’action russe) sous hypnose afin de le préserver psychologiquement des horreurs qu’il lui faisait tourner. Il n’en va pas autant pour le spectateur, qui sort de la projection les sens altérés par la déflagration de ce film-monstre, dont la vision laisse des marques indélébiles. Imaginez la rencontre entre la puissance de feu d’APOCALYPSE NOW et la métaphysique de L’ENFANCE D’IVAN et vous n’aurez qu’une mince idée de ce que ce film unique vous réserve.

Séance présentée par Frédéric Thibaut, co-programmateur du festival Extrême Cinéma organisé par la Cinémathèque de Toulouse.
En présence de Vladimir Kozlov, assistant-réalisateur sur le tournage du film.

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