BONUS LUNE NOIRE DANS LE CADRE DU MOIS DU FILM DOCUMENTAIRE
EN PARTENARIAT AVEC LA BIBLIOTHÈQUE DE BORDEAUX

JEUDI 15 NOVEMBRE 2018


CINÉMA UTOPIA
5 PLACE CAMILLE JULLIAN, BORDEAUX
TARIFS : 7€ OU TICKET ABONNEMENT

20h00


CONFÉRENCE DE SÉBASTIEN GAYRAUD ET MAXIME LACHAUD :
MONDO MOVIES, ENTRE DOCUMENTEUR ET CHOCUMENTAIRE

À l’heure du débat sur les « fake news », laissons deux spécialistes nous conter l’histoire et les dérives du genre le plus racoleur, scandaleux et décrié qui soit : le Mondo Movie. Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud sont les auteurs de « Reflets dans un œil mort » (Bazaar & Co, malheureusement épuisé), premier ouvrage en France à analyser cette cinématographie parallèle, véritable panorama du bizarre.

— entrée libre pour la conférence seule

21h00

L'AMERIQUE INTERDITE


(THIS IS AMERICA PART 2)
Un film de Romano Vanderbes
USA, 1980, couleur, 1h42
Projection en 35mm - VF

Avec Jello Biafra, Alice Cooper, Vanessa Del Rio, Veronica Hart, Ron Jeremy...

Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie en salle

« Toutes les scènes que vous allez voir ont été prises sur le vif. Si parfois elles vous paraitront amères, c’est que bien des choses le sont sur cette terre. Présenter la réalité en toute objectivité sans l’édulcorer est un devoir ».

Ce sont sur ces mots que s’ouvre MONDO CANE, le film de Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara, qui signe en 1962 l’acte de naissance officiel du Mondo Movie. Ce terme générique désigne un genre fructueux dont les racines puisent aux origines mêmes du cinéma avec ses images pittoresques ramenées des contrées les plus lointaines, ses reconstitutions historiques et ses séquences truquées. Entre Connaissance du Monde versant trash et reportage pseudo-ethnographique à prétention encyclopédique qu’accompagne le commentaire alternativement péremptoire ou dramatique d’une personnalité du monde intellectuel, le Mondo Movie s’apparente typiquement au cinéma d’exploitation, foulant aux pieds le « montage interdit » et les règles déontologiques que s’impose le cinéma documentaire.

En choisissant de montrer le scabreux, l’abject, le sensationnel sur le mode du cinéma-vérité, le Mondo est par nature polémique et provoque le plus souvent un réflexe instinctif de dégoût et de rejet chez le spectateur pour qui, comme Godard, le « travelling est affaire de morale ».
Témoignage excentrique et politiquement incorrect d’une période s’étendant des années 60 aux années 80, à une époque où l’accès à « l’information » n’était pas globalisé et instantané, le Mondo tend un miroir déformant de l’humanité dans ses instincts les plus grégaires, ses rituels les plus bizarres, ses excès les plus spectaculaires.

Dans le cadre du Mois du film documentaire consacré cette année par la Bibliothèque de Bordeaux au « documentaire entre réalité et fiction », Lune Noire fait une entorse à son habituel calendrier lunaire avec un fleuron de ce genre cinématographique vilipendé mais hautement savoureux pour le spectateur averti. Romano Vanderbes va nous balader aux quatre coins des États-Unis en s’attardant sur les us et coutumes de ses compatriotes comme s’il s’agissait de bêtes curieuses qu’on regarde à travers les grilles de la cage d’un zoo. Autant dire que le second degré est de mise. « La violence est à l’Amérique ce que la pomme est à la tarte ». Ce docte commentaire donne le ton de cette AMÉRIQUE INTERDITE qui enchaine outrageusement les séquences absurdes, grinçantes, grotesques, choquantes, en se prenant faussement au sérieux : Jello Biafra, le chanteur du groupe punk Dead Kennedys, se présentant aux élections municipales de San Francisco ; des hôtels de luxe réservés aux animaux et des lupanars pour chiens ; des nonnes qui pratiquent le karaté ; des bacchanales disco ; des fermiers qui élèvent des vers de terre à des fins alimentaires ; un mariage naturiste en parachute ; des combats de boxe féminins à seins nus ; un élevage en batterie de poulets destinés aux chaines de fast-food ; un millionnaire camé et son Église de la poudre pure… Jusqu’aux images prétendument volées d’une exécution capitale sur la chaise électrique…

Avant l’avènement du voyeurisme sur Internet, le monde et les américains eux-mêmes découvraient avec la série des THIS IS AMERICA (trois au compteur et leurs multiples déclinaisons) toutes les tares – persistantes - d’une nation célébrant l’excentricité, le mauvais goût, la débauche et la décadence. Bidonné et bidonnant, ad nauseam. Vous êtes prévenus.

Extrait 1
Extrait 2

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